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Le 24 avril 2021

Célébrer la technique

Je parle très peu de technique. Souvent, ce genre de conversations m’ennuient. Mais à force de m’en tenir éloigné, j’ai fini par croire que la technique ne m’intéressait pas tant que ça. J’ai fini par me dire que ce qui comptait uniquement, c’était que le résultat final soit utile et que seule l’approche utilisateur m’intéressait. Mais c’est faux : les deux approches m’intéressent et je crois que je me serais reconverti depuis longtemps sans l’une ou l’autre.

Aujourd’hui je vais donc parler technique en célébrant les choix que j’ai pris depuis un an pour flusio, le logiciel derrière mon service Flus.

Je suis heureux d’avoir fait le choix du PHP. Certains choix de conception sont rageants, mais je suis très à l’aise avec ce langage au quotidien. Il me permet également une certaine créativité que je ne trouve pas avec d’autres langages.

Je suis heureux d’avoir fait le choix de (re)développer mon propre framework, Minz. Il s’adapte à ma manière de penser en fonction des problèmes que je rencontre, pas l’inverse.

Je suis heureux de son système d’abstraction des requêtes utilisateur et des réponses serveur. Cela me permet de tester une large portion du logiciel facilement. Un effet de bord positif a été de me fournir un mécanisme de ligne de commande à peu de frais.

Je suis heureux de ne pas utiliser d’ORM pour l’accès à la base de données. Le SQL m’est souvent facile à lire et je me torture moins l’esprit pour les requêtes compliquées.

Je suis heureux de mon système de migrations qui tient en moins de 300 lignes, commentaires inclus. J’ai appris que ce n’était pas si compliqué que ça à faire.

Je suis heureux du choix d’abstraire la création des dates derrière une classe \Minz\Time. Durant les tests, cela me permet de figer le temps à une date précise et faciliter ainsi le travail sur les dates relatives.

Je suis heureux d’avoir développé un système de jobs asynchrones au sein de flusio plutôt qu’utiliser un logiciel dédié. Ça me fait un logiciel de moins à maîtriser et installer. Le cœur du système tient en quelques lignes.

Je suis heureux de ma mini-bibliothèque SpiderBits pour parser le Web. Elle tient en 1 300 lignes de code relativement simples et permet d’aller du nettoyage d’URL à l’extraction d’informations OpenGraph en passant par l’analyse de flux RSS.

Je suis heureux du nombre de tests écrits. Ça prend du temps à écrire, mais ils m’ont sauvé plus d’une fois. Le résultat, c’est une application stable depuis sa première version.

Je suis heureux du nombre réduit de dépendances à des bibliothèques externes (PHP et JavaScript). Le code externe, c’est du code que je ne maîtrise pas ; j’y fais appel avec parcimonie.

Je suis heureux de prendre mon temps pour abstraire les concepts. Je préfère répéter du code de nombreuses fois tant que je n’ai pas trouvé l’abstraction qui me satisfait, souvent pour mon plus grand bien.

Je suis heureux de traiter la dette technique comme l’évolution naturelle de mon code répondant à de nouveaux problèmes, pas comme de mauvais choix de conception passés.

Tout n’est pas parfait dans flusio, mais je suis heureux de chacun des choix que j’ai pu faire, même ceux sur lesquels je souhaite revenir. Ils ont tous été pris en connaissance de cause, en fonction de ce que j’avais comme information à ma disposition à un instant T. Pour prendre mes décisions, je ne suis pressé ni par une personne externe, ni par le temps. Il en résulte un logiciel maintenable dont j’ai plaisir à parcourir le code. Même seulement au bout d’un an de développement, ce n’est pas souvent le cas.

Je crois que flusio est une bonne vitrine sur tout ce que j’ai appris en 10 ans, c’est un logiciel qui me ressemble.

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